1 travailleur belge sur 8 s’est déjà porté malade sans l’être

Un travailleur sur 8 en Belgique s’est déjà porté malade pour une raison autre que sa santé. C’est ce qui ressort d’une enquête du fournisseur de services RH Securex. 12 % des travailleurs se sont déjà portés ‘malades’ pour d’autres raisons que leur santé, dont 8 % à une seule reprise et 4 % même à plusieurs reprises. Un membre de la famille malade, le besoin de récupération et la combinaison travail-vie privée sont les principales raisons invoquées par les travailleurs pour ces déclarations de maladie. « Les travailleurs ne sont sans doute pas suffisamment informés d’une série de possibilités que prévoit la loi pour remédier à cette absence injustifiée » précise la Legal Expert Els Vanderhaegen.

Principales raisons des déclarations de maladie sans être malade

Soigner un membre de la famille malade est dans 31 % des cas la cause directe de ces absences pour maladie sans être malade.

Demander un congé familial en cas de maladie, d’accident ou d’hospitalisation d’un membre de la famille pourrait constituer une solution, mais c’est un congé non rémunéré qui est limité dans le temps. Sans doute est-ce la raison pour laquelle certains travailleurs préfèrent se déclarer malades.

17 % des travailleurs qui se sont déjà déclarés malades bien qu’ils n’avaient aucun problème de santé ont invoqué le besoin de repos après une période chargée.  

Heidi Verlinden, HR Research Expert : « Si vous avez besoin de repos, il est préférable d’en parler avec votre supérieur hiérarchique. En cas de stress, vous pouvez également contacter la personne de confiance dans votre organisation ou le service externe de prévention et de protection au travail. Pour prévenir un burn-out, il vaut mieux alterner des périodes de travail intense avec des périodes plus calmes, tant au travail que dans la vie privée. Et parfois, des vacances peuvent aider à se détendre ou à faire quelque chose de complètement différent. »

Les travailleurs qui souffrent de trajets domicile-travail pénibles ou qui éprouvent des difficultés à combiner travail et vie privée constituent également 17 % de ce type d’absentéisme, bien qu’il existe en principe d’autres possibilités, comme le travail à temps partiel, les horaires flexibles ou le télétravail pour pallier ce problème.

Un conflit avec des supérieurs ou des collègues, ou des problèmes familiaux tels qu’un décès, un incendie dans l’habitation et l’éducation des enfants représentent respectivement 13 % et 8 % des cas menant à ce type d’absentéisme. En cas de décès ou de mariage, la solution consiste à demander un petit chômage. Dans ce cas, le travailleur conserve bel et bien son salaire.

Eva Praet, regional manager de l'équipe psychosociale : « Les travailleurs qui vivent un conflit avec leurs collègues ou un supérieur peuvent demander conseil à une personne de confiance en interne ou au service externe de prévention et de protection au travail. Un employeur peut également aller plus loin que ce que la loi prévoit, par exemple en offrant un soutien après un événement traumatisant au travail ou privé, ou en faisant garder les enfants malades à la maison. »

Dans 7 % des cas, le manque de motivation ou de reconnaissance au travail, et dans 6 % le refus d’un congé sont avancés comme raison d’une déclaration de maladie sans être malade.

 

Moins de déclarations de maladie sans être malade dans un climat social sain

Les personnes qui travaillent dans un climat de confiance, de justice et d’inclusion se portent moins rapidement malades pour une raison autre que la santé que celles qui opèrent dans un climat social plus tendu. C’est un autre élément qui ressort de l’enquête de Securex. C’est le cas par exemple pour les travailleurs auxquels le supérieur hiérarchique accorde sa confiance (10 % vs 15 %), qui voient les conflits se résoudre d’une manière équitable (8 % vs 15 %) et qui ressentent une appartenance à un groupe au travail (10 % vs 15 %). Ces liens de causalité peuvent bien entendu être inversés : un travailleur qui se déclare malade pour de mauvaises raisons aura plus dur à gagner la confiance de son supérieur.

Le travailleur qui se sent en bonne adéquation avec son travail sera lui aussi moins enclin à ce type d’absentéisme que celui qui se sent moins en harmonie. Concrètement, cela s’applique aux travailleurs qui ont le sentiment de pouvoir être eux-mêmes dans leur travail (10 % vs 15 %) et dont les tâches professionnelles correspondent à ce qu’ils veulent réellement faire (9 % vs 15 %).

 

Les jeunes se déclarent le plus souvent malades sans l’être

Un jeune travailleur (<25 ans) sur 4 s’est déjà déclaré ‘malade’ sans l’être. C’est deux fois plus que chez les travailleurs de plus de 25 ans (25 % vs 11 %). Le fait que les jeunes travailleurs se déclarent le plus souvent malades pour une raison autre que leur santé explique sans doute aussi la fréquence élevée de leurs déclarations de maladie comparé au travailleurs plus âgés.[1] Cette nouvelle étude montre que les jeunes travailleurs se sentent moins en lien avec l’équipe que leurs collègues plus âgés (40 % vs 57 %). Les jeunes travailleurs considèrent en effet leur fonction du moment comme un emploi transitoire, même avec un contrat à durée indéterminée.[2] Cela pourrait expliquer leurs déclarations de maladie plus fréquentes, y compris celles sans problèmes de santé. Ces emplois transitoires pourraient également constituer une partie d’une autre explication : les jeunes travailleurs se sentent moins en mesure d’être eux-mêmes dans leur travail que leurs collègues plus âgés (32 % vs 55 %).

Heidi Verlinden, HR Research Expert Securex : « Les employeurs peuvent prévenir ce type d’absentéisme chez leurs jeunes travailleurs en misant fortement sur la création de liens avec l’équipe immédiatement après le recrutement. Un jeune collègue qui peut participer à la réflexion et travailler à des objectifs collectifs se sentira plus connecté et sera moins susceptible de se signaler malade. »

De même, près de 1 travailleur sur 4 disposant d’un contrat à durée déterminée ou intérimaire s’est déjà déclaré malade pour une raison autre que sa santé (23 % vs 11 %). Le moindre sentiment d’appartenance à l’équipe peut ici aussi expliquer le phénomène. Les travailleurs temporaires se sentent moins intégrés dans un groupe que leurs collègues sous contrat de durée indéterminée (48 % vs 57 %). Leurs tâches au travail correspondent également moins à ce qu’ils veulent réellement faire (37 % vs 47 %).

Bart Buckinx, Consultant Absentéisme : « Les résultats de cette étude montrent que les problèmes sous-jacents peuvent souvent être résolus. Il se peut que le travailleur ne connaisse pas le système du petit chômage ou des congés familiaux. Ou encore, il ne se rend peut-être pas compte qu'il vaut mieux parler des problèmes que de rester à la maison sans plus. »

[1] Voir les white papers de Securex sur l’absentéisme: www.securex.be/whitepapers

[2] Les jeunes travailleurs sont également plus à la recherche d’un autre employeur que les travailleurs plus âgés. Source : Enquête sur les forces de travail 2017 de Statbel, en collaboration avec Eurostat.

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A propos de cette étude

Les chiffres de cette étude s'appliquent au travailleur belge moyen. L'échantillon de 1500 salariés est en effet représentatif du marché du travail belge : la répartition de l'échantillon par sexe, âge, statut et région correspond à la répartition selon les données de l'Office National de Sécurité Sociale. Les données ont été recueillies au moyen d'un sondage en ligne en juillet 2018.

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En 2017, Securex a atteint un chiffre d’affaires de 278 millions d’euros. Le groupe compte 1700 travailleurs en Belgique, en France, en Espagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas, répartis dans 36 agences régionales. Chaque jour, ils fournissent des services à plus de 83.800 entreprises, 116.000 indépendants et 5.600 comptables, courtiers et experts - comptables partenaires privilégiés.

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