La consommation excessive d’alcool et le stress vont de pair

Près de 14 % des salariés belges boivent trop

Vendredi 13 janvier 2017 — 14 % des salariés belges consomment en moyenne plus de 2 à 3 verres d’alcool par jour. Le nombre de travailleurs chez qui on observe une consommation d'alcool problématique selon les nouvelles normes plus strictes (10 verres par semaine), récemment introduites par le centre Flamand de l'expertise sur l'alcool et les autres drogues, est encore plus élevé. Cette consommation problématique peut avoir des conséquences sur leurs performances au travail. C’est ce qui ressort de l’étude menée par le prestataire de services RH Securex sur un panel de plus de 1600 salariés belges. La tendance se maintient depuis six ans, hormis pour la période 2009-2010 (en effet, pour cette période, la consommation d’alcool avait chuté à 10 %), probablement du fait de l’introduction de l’interdiction de fumer.

Surtout des excès chez les hommes, les fonctionnaires et les fumeurs

Deux fois plus d’hommes que de femmes déclarent boire trop (18 % vs 9 %). L’abus d’alcool est plus fréquent chez les salariés du secteur public que ceux du secteur privé (17 % vs 12 %). Fumer et boire vont de pair : les fumeurs sont plus de deux fois plus nombreux que les non-fumeurs à consommer trop d’alcool (23 % vs 10 %).

Corrélation entre le stress et l’alcool

La consommation excessive d’alcool et le stress vont de pair ; les salariés sujets au stress présentent plus fréquemment un comportement problématique à la boisson (17 % vs 11 %) et les buveurs problématiques sont plus stressés (59 % vs 47 %). Ils sont plus sujets au stress au travail (68 % vs 61 %) et plus sujets au stress dans leur vie privée (50 % vs 34 %). Les salariés qui consomment trop d’alcool disent plus souvent avoir trop de travail (60 % vs 49 %), font davantage d’heures supplémentaires (49 % vs 32 %) et la navette domicile-travail leur pèse plus souvent (48 % vs 29 %). Ils trouvent également leur travail plus lourd émotionnellement parlant (51 % vs 40 %) et sont plus incertains à propos de leur emploi (39 % vs 22 %).

Bart Garmyn, directeur médical adjoint : « Les salariés qui souffrent beaucoup du stress dans leur cadre professionnel ou leur vie privée sont, plus souvent, des buveurs problématiques. Prendre un petit verre de porto après une journée stressante peut, certes, aider à réduire le stress sur le court terme, mais cela ne résout pas le problème. Au contraire, empoigner la bouteille, chaque fois qu’une situation stressante se présente, débouche, à terme, sur une consommation problématique d’alcool. La consommation d’alcool pour réduire le stress est un mécanisme de compensation souvent utilisé, mais vraiment inapproprié. En effet, l’alcool est néfaste pour le système neurologique et induit justement du stress. Faire du sport ou bouger est une bonne alternative pour la santé. Les endorphines libérées grâce à l’activité physique aident également à réduire le stress. »

Mal dans sa peau

Les salariés qui consomment trop d’alcool sont généralement plus nombreux à être mal dans leur peau (53 % vs 38 %) et plus nombreux à ne pas ménager les personnes de leur entourage (45 % vs 27 %). 59 % des salariés consommant trop d’alcool indiquent que leur travail a une influence sur leurs maux physiques, contre 47 % pour ceux qui boivent moins. 55 % des personnes présentant une consommation excessive d’alcool constatent que leur travail pâtit de leur état d’esprit, contre 44 % pour ceux qui boivent moins.

Hermina van Coillie, HR Research Expert : « Nous constatons que la consommation excessive d’alcool peut influer sur les performances au travail. Sensibiliser vos collaborateurs aux risques liés à la consommation d’alcool dans le cadre de la vie privée contribue à la prévention des problèmes graves ou chroniques. Cela implique de permettre aux travailleurs de mettre le problème sur la table de façon constructive. Ceci vaut également pour des problèmes de comportement dus à la consommation de drogues »

Conseils pour la réception de Nouvel An (et toutes les autres festivités en rapport avec le travail)

  • Prévoyez suffisamment d’alternatives non alcoolisées de haute qualité.

  • Si vous tenez à servir de l’alcool, soyez bien clair concernant la question de l’alcool au volant.

  • Prévoyez le transport.

  • Prévoyez un alcootest pour que les gens puissent vérifier leur taux d’alcoolémie.

  • Privilégiez la qualité à la quantité : plutôt que trois verres de mousseux bon marché, servez une seule bonne coupe de champagne.

 

À propos de l’étude

Cette étude a été réalisée dans le cadre de notre enquête de référence biennale. Celle-ci nous permet de mettre en relief, entre autres, la satisfaction, le stress, la vitalité, la motivation et l’implication du salariat belge. La collecte des données est assurée au moyen d’enquêtes en ligne. 1 754 salariés du marché du travail belge ont participé à l’étude au printemps 2015 (janvier). Après ré-échantillonnage, le panel comptait 1671 répondants. La répartition de l’échantillon correspond pour les variables genres, âge, région et statut, à celle du marché du travail belge.

 

Part de salariés consommant trop de boissons alcoolisées