Le Covid-19 met en veille le marché du travail belge : baisse drastique des licenciements et des recrutements

  • Entre la mi-mars et la fin avril, le nombre de licenciements a diminué d’un tiers par rapport à la même période l'année dernière, et les démissions ont diminué de moitié
  • 59 % de recrutement en moins pour les contrats à durée déterminée et 40 % en moins pour les contrats à durée indéterminée
  • Forte diminution du nombre de licenciements pour cause de faillite, de motif grave ou de force majeure (respectivement -66 % vs -62 % vs -46 %)
  • La baisse du recrutement a été plus marquée pour les ouvriers que pour les employés (-70 % contre -50 %)

Entre la mi-mars et la fin avril, le nombre de licenciements et de recrutements a chuté de façon spectaculaire par rapport à la même période l'année dernière. Le nombre de licenciements pour cause de force majeure, de motif grave ou de faillite a également sensiblement diminué grâce à des mesures gouvernementales telles que le chômage temporaire et la prime de nuisance. « Le coronavirus a complètement mis en veille le marché du travail », conclut Heidi Verlinden, HR Research Expert chez Securex.

Le marché du travail en Belgique a été paralysé pendant la première phase du confinement. On observe une forte réduction de l'activité, tant en termes de licenciements qu’en termes de recrutement.

Le nombre de licenciements a fortement diminué depuis le début du confinement mis en place par le gouvernement suite à la propagation du coronavirus. Entre le 14 mars et le 30 avril 2020, seul 7 % de résiliations de contrats salariaux à durée déterminée et 1,5 % pour les contrats salariaux à durée indéterminée sont à dénombrer. Au cours de la même période en 2019, ce chiffre était de 17,5 % et de 2,5 % respectivement. Ce sont les résiliations de contrats à durée déterminée qui ont connu la plus forte diminution (-59 %), mais le nombre de licenciements (-33 %) et de démissions (-44 %) ont également fortement baissé, tout comme les démissions.

Le nombre de recrutements a également fortement diminué, tant pour les contrats à durée déterminée (-67 %) que pour les contrats à durée indéterminée (-49 %). Le marché du travail a stagné ces dernières semaines.

« Les mesures gouvernementales, telles que la prime de nuisance et le chômage temporaire, semblent avoir un impact, car le marché du travail s'est immobilisé au cours des six dernières semaines », déclare Frank Vander Sijpe, Director HR Research chez Securex. « Les employeurs peuvent ainsi conserver leurs travailleurs. Cependant, dès que l'économie redémarrera, les tensions sur le marché du travail (par exemple dans le secteur des soins, dans l'éducation, dans les professions techniques) ainsi que la guerre des talents feront à nouveau surface. En effet, il s'agit principalement de travailleurs retraités qui doivent être remplacés et ces remplacements ne dépendent pas seulement de la situation économique ».

Forte diminution des licenciements pour cause de faillite, de motif grave ou de force majeure

Le nombre de licenciements pour cause de force majeure, de faillite ou de motif grave a considérablement diminué par rapport à la même période l'année dernière. Securex constate principalement une forte diminution des licenciements pour cause de faillite et de motif grave, et dans une moindre mesure pour cause de force majeure (respectivement -66 %, -62 % et -46 %). Un effet des mesures du gouvernement - le chômage temporaire et les primes de nuisance - semble être qu'un nombre important de faillites, qui auraient autrement eu lieu, ont été évitées. La réduction du nombre de licenciements pour cause de motif grave s’explique également facilement. En effet, les travailleurs temporairement au chômage ou en maladie sont moins susceptibles d'être licenciés pour un tel motif. La diminution du nombre de licenciements pour cause de force majeure - principalement médicale – peut être associé à une réintégration des travailleurs largement interrompue.

Le groupe le plus important de licenciements – et celui ayant connu la plus faible diminution par rapport à 2019 – est celui des ruptures de contrat et des préavis donné par l'employeur. En cas de rupture du contrat, le préavis est payé et le contrat prend fin immédiatement ; en cas de résiliation du contrat par l'employeur, le travailleur doit d’abord prester la période de préavis avant que le contrat ne soit résilié.

 

« Grâce aux mesures gouvernementales telles que le chômage temporaire et la prime de nuisance, le nombre de licenciements enregistrés au cours du premier mois et demi de la crise du coronavirus est relativement faible. Cependant, la question se pose également sur l’avenir dans le cas où ces mesures spéciales ne sont pas maintenues après le 30 mai : si le gouvernement ne propose pas un nouveau paquet de mesures de soutien, le nombre de licenciements pourrait augmenter. En outre, ces chiffres n'incluent pas encore les travailleurs licenciés qui doivent prester un préavis. Les données montrent que les entreprises ne prennent pas de décisions hâtives : elles veulent d'abord évaluer leur situation financière avant de prendre des décisions difficiles », explique Heidi Verlinden.

Moins de recrutements - surtout pour les contrats à durée déterminée

Le nombre de recrutements a fortement diminué, tant pour les contrats à durée déterminée (-67 %) que pour les contrats à durée indéterminée (-49 %). La diminution des recrutements est plus forte pour les ouvriers que pour les employés (-70 % contre -50 %).

La plus forte baisse concerne les contrats à durée déterminée des ouvriers (-71 %). Depuis le début du confinement, 8,2 % de tous les contrats de travail des ouvriers en cours sont de nouveaux contrats à durée déterminée (donc des recrutements) - contre 28,6 % pour la même période en 2019.


A propos de l’étude

Ces résultats sont indicatifs, car ils sont basés sur des données très récentes du secrétariat social de Securex. Il est possible que les employeurs transmettent des corrections dans les semaines à venir.

L'échantillon se compose de 24 387 entreprises et de 164 904 travailleurs du secteur privé. Ensemble, ils comptabilisent 171.403 contrats pour la période donnée en 2020. Nous n'avons inclus que les travailleurs imposables qui sont entièrement assujettis à l'impôt. Les étudiants ne font donc pas partie de l'échantillon. Les emplois flexibles et les travailleurs bénéficiant d'une somme forfaitaire ou de gratifications sont inclus. Les entreprises ont un maximum de 1 000 travailleurs.

Les pensions et les décès n'ont pas été inclus dans les contrats résiliés de manière involontaire. Les chiffres relatifs aux licenciements collectifs et aux changements unilatéraux d'employeur ont également été supprimés de l’échantillon en raison de chiffres trop faibles.

Les contrats à durée déterminée comprennent les contrats de remplacement et les contrats pour un travail spécifique.

Le licenciement pour cause de force majeure est principalement un cas de force majeure médicale, mais peut aussi être, par exemple, un incendie dans l'entreprise qui ne permet plus de redémarrer l’activité.

Steven De Vliegher PR Specialist
A propos de Securex

L’esprit d’entreprise est à la base de l’activité économique, les travailleurs sont la clé du succès. En tant que prestataire de services RH, Securex soutient les entrepreneurs dans le développement et la croissance de leur entreprise et croit en une politique du personnel adaptée à l’individu et axée sur l’employabilité durable.

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En 2018, Securex a atteint un chiffre d’affaires de 296 millions d’euros. Le Groupe Securex compte 1.700 collaborateurs en Belgique, en France, en Espagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas, répartis dans 33 agences régionales. Chaque jour, ils fournissent des services à 88.000 entreprises, 132.000 indépendants et 4.000 comptables et courtiers partenaires privilégiés.

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